2 mars 2015

Des soins psychiatriques en souffrance

Michelle Sen explique dans The Nation (ici, en anglais) pourquoi les soignants psychiatriques sont partis en grève en décembre 2014 en Californie.

Cet État peut se prévaloir d'une législation parmi les plus progressistes pour ce qui est des soins psychiatriques extérieurs à l'institution depuis trente ans, dans la foulée de la "révolution des soins psychiatriques" qui a sorti les patients du confinement institutionnel et les a ramenés dans leurs quartiers. Mais le compte n'y est plus. Faute de financement, faute de reconnaissance salariale des patients, faute de personnel, les patients psychiatriques sont négligés à une échelle industrielle.

Les soignants sont mis devant des choix de soin cornéliens faute de personnel. Les trente-cinq établissements psychiatriques qui ont fait grève souffrent de manque de temps pour le soin des malades, de manque de personnel et d'infrastructure. Une patiente en choc post-traumatique a dû attendre plus de six semaines pour obtenir un rendez-vous. Comme on l'engageait à suivre une thérapie de groupe qui ne l'aidait guère, elle a dû se tourner vers une ... thérapie individuelle privée.

Le désinvestissement salarial du secteur se traduit - comme partout dans le monde - par une maltraitance institutionnelle des patients.

On ménage le comptable, on maltraite le fou.