Ce projet s'appuie sur l'argument de ... l'emploi.
Il est financé à crédit par la Banque Européenne de développement. Il va grever lourdement les finances publiques pour longtemps (et avec des intérêts impayables).
Ce sont les profits attendus qui sont la vraie motivation du projet.
Les conséquences écologiques (et économiques) du projet sont catastrophiques.
Pour résumer: l'argent du contribuable va payer des projets opposés à ses intérêts économiques et environnementaux, il va payer des intérêts monstrueux sur un prêt aussi inutile que nuisible pour nourrir des propriétaires lucratifs.
Mais, vous verrez, on entendra dans quelques années, quand la crise de la dette sera devenue insurmontable en Croatie, que les Croates sont des irresponsables.
C'est le même procédé que pour les JO d'Athènes.
Extrait
Un paquebot de 3000 voyageurs pollue plus que 12.000 automobiles, et les retombées économiques sont très faibles : les croisiéristes ne consomment guère qu’à bord de leurs « villes-flottantes ». Malgré des contre-exemples comme Venise, ou bien la situation déjà chaotique qui prévaut à Dubrovnik, le gouvernement veut attirer encore plus de méga-navires. La construction de deux nouveaux quais a commencé à Split, sans aucune étude d’impact environnemental.Par Ana Kuzmanić
Conformément à la Stratégie de développement du littoral, adoptée lors du Conseil des ministres de fin juillet 2014, le port municipal de Split va s’orienter vers le transport de passagers et l’accueil de paquebots de croisière. Alors que la stratégie n’a été adoptée qu’en juillet, un contrat de plus de 23 millions d’euros avait été signé quelques mois auparavant, prévoyant la construction de deux quais extérieurs destinés à accueillir des paquebots de croisière, financée par des crédits de la Banque Européenne de Reconstruction et d’Investissement (BERD). Sur ces quais pourront s’amarrer des paquebots de croisière de 270 à 320m, avec une capacité de plus de 4000 voyageurs Les entreprises Pomgrad Inženjering et Viadukt ont décroché la réalisation des travaux.
« Cet investissement nous donne la possibilité d’attirer les plus grands bateaux de croisière, ceux qui portent plus de 4000 passagers. Le tourisme de croisière et le trafic aérien sont en hausse, et ce projet fera de Split une destination potentielle pour les plus grandes compagnies », a annoncé le ministre des Transports, Siniša Hajdaš Dončić, lors de la signature du contrat de mise en œuvre des travaux.
Les travaux, qui ont commencé à la fin de l’été, se poursuivent pour le moment sous le niveau de la mer : il s’agit de forer les fond marins afin de poser les fondations des futurs pontons. Selon le directeur de l’administration portuaire de Split, Milan Blaževski, la première phase des travaux, qui inclut la construction du quai est et de l’îlot central, devrait être achevée d’ici fin 2015, et la deuxième d’ici fin 2016. Le complexe des pontons doit également inclure la reconversion du bâtiment de Dalmacijavino, un monument protégé qui relève depuis 2011 de l’autorité portuaire de Split. Depuis cette date, le bâtiment est laissé à l’abandon, et la nature de sa reconversion future est encore inconnue.
L’administration portuaire affirme être en train de préparer la documentation nécessaire au choix d’un consultant pour la réalisation d’une étude de pré-faisabilité visant à déterminer dans quelle direction et de quelle manière devrait être développé le projet de reconversion des bâtiments existants, entre autres celui de Dalmacijavino.
Le tourisme de croisière, de très faibles retombées économiques
Depuis le début, on insiste sur l’importance capitale de ce projet de quais extérieurs, censé apporter à Split de nouveaux touristes, davantage de revenus, et mettre la ville en bonne position sur la liste mondiale des escales touristiques, tout cela sans jamais penser à long terme. Certes, la rénovation des infrastructures du port municipal est nécessaire, c’est un fait, mais convient-il d’orienter ce développement vers le tourisme de croisière ? Quelle impact cela aura-t-il sur la ville et son panorama, ses habitants, l’environnement ? Quels sont les bénéfices réels, si l’on prend en compte les dommages causés par les paquebots de croisière ? Quelle est l’utilité à long terme du tourisme de croisière ?
D’après les données de l’Institut national de statistique, la Croatie a connu en 2013 une chute du nombre de croisières de 11,3 %, tandis que le nombre de passagers baissait de 15,4 % par rapport à 2013. La moyenne du nombre de jours passés en Croatie par voyageur est de deux jours, et la majorité des bateaux croise au large des comtés de Dubrovnik-Neretva (66,4%) et de Split-Dalmatie (20,6%). D’après les chiffres de 2010, les bénéfices tirés du passage de bateaux de croisière se montent à 53 millions d’euros par an, tandis que les coûts liés à la pollution qu’ils engendrent seraient de 338 millions d’euros, soit sept fois plus élevés.