18 janv. 2015

Les PME allemandes austères

La politique d'austérité, de guerre aux salaires ne fait pas des malheureux que dans le sud de l'Europe puisque les PME allemandes accusent le coup. Faute de marché du fait de la déflation salariale générale, la crise menace aussi ces PME qui font le dynamisme économique de l'Allemagne. Bien sûr, les banquiers prônent l'emploi comme sortie de crise. C'est une ânerie: il ne faut pas d'emploi, il faut du salaire mais, sur le constat, nous ne pouvons que partager leur désemparement.

Extrait de l'article d'Express.be (ici, en français)
La Grèce n’est pas la seule à en avoir assez de la politique d’austérité dictée par l’Allemagne : les PME allemandes aussi sont épuisées par la dégradation de l’environnement économique dans lequel elles évoluent, écrit Mark Gilbert de Bloomberg.
Le Mittelstand, qui constitue la colonne vertébrale de l’Allemagne, est constitué de 3,7 millions de PME (avec un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros maximum). Une enquête menée auprès de plus de 330 banques du pays, publié par l’Association des banques de dépôt allemandes, et qui a examiné les bilans de plus de 250.000 PME, a constaté qu’elles investissaient de moins en moins, et que malgré la faiblesse des taux d’intérêt, elles ne cherchaient pas à se développer.
En Allemagne, l’investissement est resté stable l’année dernière, atteignant 340 milliards d’euros, soit 11,7% du PIB. Seulement un cinquième des entreprises allemandes qui ont investi l’année dernière l’ont fait pour étendre leurs activités. En 2013, elles étaient 27,5% à déclarer réaliser des investissements de développement. En revanche, plus de la moitié des entreprises a indiqué avoir réalisé des investissements de remplacement, typiquement pour renouveler leur parc de machines.
La faiblesse des investissements des PME n’est pourtant pas imputable à un environnement défavorable, par exemple à une pénurie de financements extérieurs, mais plutôt à l'attitude attentiste de beaucoup d’entreprises. Celui-ci peut s’expliquer par le contexte de difficultés économiques rencontrées par beaucoup de partenaires européens, et les crises géopolitiques.
(...) 
D’après l’association des banques allemandes, la politique allemande est directement responsable du marasme des PME. Elle souligne que très peu a été fait pour stimuler la croissance et l’emploi, et que les faibles taux d’intérêt actuels ne suffisent pas pour inciter les entreprises à investir. La confiance des entreprises en leurs capacités à développer leur chiffre d’affaire et leurs bénéfices, de même qu’un environnement politique stable et une politique économique orientée vers la croissance et l’emploi, sont des conditions nécessaires pour développer un environnement plus propice à l’investissement.