L'agriculture OGM est une agriculture dépendante, sous la coupe des multinationales, qui transforme les paysans en métayer des industriels et empoisonne la terre. Les OGM ne réduisent pas l'usage de pesticide (voir ici), n'augmente pas les rendements agricoles à terme (ils dégradent les sols) mais permettent, dans une logique employiste, de diminuer la masse salariale en comprimant la main d’œuvre. C'est évidemment complètement stupide à l'heure où la Belgique est touchée par le chômage et à l'heure où les paysans belges sont pris à la gorge par leurs créanciers. Le problème n'est pas de diminuer la quantité de main d’œuvre par patate, le problème, c'est d'adopter une agriculture qui préserve la santé et les ressources communes, les sols et qui ne contraignent pas les paysans à se mettre sous la coupe des créanciers.
Nous rappelons que la Flandre jouit d'excellentes terres, très productives et que les pommes de terre y prospèrent naturellement. Les famines du XIXe siècle ont été liées aux parasites de la pomme de terre. Ces parasites se sont multipliés ... dans les grands champs de monocultures. Les OGM ne résolvent en rien la cause éventuelle d'une maladie de la pomme de terre puisqu'ils vont de pair avec des monocultures de masse.Le communiqué du Field Liberation Movement (ici, en français)
Aujourd’hui, le jugement du procès en appel des 11 Libérateurs de champs de Wetteren a été prononcé : ils sont acquittés de la condamnation d’association de malfaiteurs.
L’acquittement d’association de malfaiteurs est une victoire pleinement justifiée pour les organisations, juristes et militants qui se sont opposés à la condamnation initiale. Il est ainsi confirmé que les actions de désobéissance civile, même si elles impliquent des dommages matériels, ne peuvent pas être criminalisées. Selon le Field Liberation Movement et tous ceux qui les soutiennent, cette action était nécessaire pour dénoncer un abus écologique et démocratique ; les actes de désobéissance civile renforcent la démocratie. Dans ce sens, l’adoption du projet de loi de GROEN [les écolos flamands] qui vise à rendre impossible la poursuite de manifestants comme organisations criminelles serait pour eux une réelle une avancée.
Les patatistes doivent bel et bien payer une compensation d’environ 18.000 euros à l’ILVO et à la Hogeschool Gent : ils proposent à ces institutions de consacrer cet argent à la recherche sur l’agriculture agroécologique, qui repose sur les besoins des paysan(ne)s et des consommateurs/trices, plutôt que sur ceux des entreprises multinationales.
Après ce chapitre juridique qui a duré trois ans et demi, il est désormais temps de regarder vers l’avenir.
Notre agriculture et la production alimentaire font face à des défis importants. Les différentes manifestations d’agriculteurs au cours des dernières semaines, le sommet sur le climat échoué à Lima et les actions contre le gouvernement de la dégradation sociale montrent que, en tant que société, nous devons de toute urgence changer de direction, pour nous éloigner de l’agro-industrie polluante et de la loi du plus fort.
Le Field Liberation Movement se réjouira de contribuer énergiquement, en 2015, aux luttes contre les OGM dans nos assiettes ou dans nos champs ; ainsi que pour des prix justes pour les agriculteurs et les consommateurs, la recherche indépendante, de nouvelles formes de démocratie et des chaînes de production équitables.