Uber veut s'installer en Europe malgré l'avis contraire de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe qui avait refusé à la multinationale l'autorisation de commettre ses méfaits à Hambourg (voir Reuter, ici, en français).
Le principe d'Uber est simple: c'est une marque qui prend une partie considérable des marges et laisse tous les frais, tout le travail et tous les risques aux chauffeurs faux indépendants. Uber remplace des chauffeurs de taxi salariés ou indépendants par des chauffeurs qui ont des droits d'indépendants (c'est-à-dire pas de droit) et des devoirs de salariés (ils subissent la ponction régulière et parasitaire d'un employeur).
Si le service Uber s'installe quelque part, les taxis sont condamnés à disparaître face à cette concurrence déloyale. Uber ne sert à rien, n'organise rien qui n'existe déjà; c'est un simple péage médiéval, un droit à fonctionner prélevé sur une activité déjà existante. L'idée est de remplacer les taxis d'aujourd'hui, en Europe, par des taxis Uber soumis à la gabelle privée.
Bien sûr, les gens qui prennent le taxi continueront à le prendre et les gens qui ne le prennent pas (faute de moyen ou parce qu'ils disposent d'un véhicule) ne le prendront toujours pas. L'activité existe déjà et ne sera pas stimulée par le mode d'organisation féodal-capitaliste d'Uber.
L'argument utilisé par le cofondateur de la compagnie lucrative,
Travis Kalanick: l'emploi!
Cet argument est captieux puisque l'activité existe déjà et que les clients actuels ne vont pas se multiplier de fait de la réorganisation du service.
La seule chose qui puisse amener (quelques) clients aux taxis, c'est que les gens aient un peu plus de moyens, c'est que l'on investisse dans les salaires - sans qu'il soit jamais besoin d'un employeur, d'un propriétaire lucratif pour organiser cette activité déjà organisée.