Le Courrier (
ici, en français) nous résume les doléances des ONG contre une compagnie minière en RDC. Pourtant, cette entreprise bénéficiait de rapports élogieux. La stratégie de pillage des ressources du tiers monde et de sabotage de ses ressources vivrières s'oppose aux droits économiques et humains les plus fondamentaux. C'est un vol criminel. Extrait
A en croire le rapport annuel 2013 de Glencore Xstrata, l’entreprise –
rebaptisée Glencore depuis – est un modèle de développement durable et
de respect des droits de l’homme. «Nous nous engageons à respecter les
bonnes pratiques commerciales, à atteindre ou dépasser les lois
applicables et à appliquer d’autres exigences externes. Nous nous
efforçons (..) de contribuer à la croissance socio-économique des communautés dans lesquelles nous exerçons nos activités.»
Pourtant, l’entreprise Mutanda Mining, l’une des deux entreprises
minières contrôlées par Glencore en République démocratique du Congo
(RDC), n’hésite pas à profiter d’un dysfonctionnement de
l’administration congolaise pour creuser dans une zone protégée en
violation des lois sur la protection de la nature. En effet, le cadastre
minier a accordé une concession dans une réserve de chasse où toute
nouvelle activité économique est interdite. Pis, l’entreprise accélère
l’exploitation de cette concession contestée. «Des millions de dollars
ont été investis et un véritable village minier a été érigé en moins de
cinq ans», relate le rapport. Arguant que son activité tombe sous la
responsabilité de la direction ministérielle des mines, Mutanda Mining
réfute «profiter d’ambiguïtés dans la loi
minière».
Pays stratégique pour Glencore
Selon les ONG, Mutanda Mining et KCC (Kamoto Copper Company), la
seconde entreprise minière sous contrôle de Glencore en RDC, sont d’une
«importance stratégique» pour le groupe: elles fournissent à elles
seules 19% de sa production de cuivre et 82% de celle de cobalt. Ce
dernier minerai est nécessaire à la fabrication de nombreux composants
électroniques.
L’affaire de la mine exploitée en pleine réserve naturelle n’est qu’un
des exemples du rapport de Pain pour le prochain et d’Action de carême
publié hier en collaboration avec l’organisation anglaise Rights and
Accountability in Development (RAID). Fruit d’une enquête de plus de
dix-huit mois, ce troisième rapport sur les activités de Glencore au
Congo compile les observations collectées auprès des organisations
locales partenaires et lors de deux missions internationales et de
centaines d’interviews.
Métaux lourds rejetés
Toujours au chapitre des atteintes à l’environnement, les ONG dénoncent
les rejets de l’usine de KCC. Le précédent rapport, en 2012, avait
dévoilé, le déversement dans un cours d’eau, le canal Albert, d’eaux
usées extrêmement acides. Glencore avait immédiatement pris des mesures
et l’avait fait savoir aux médias. Mais dans le rapport de 2014, les ONG
constatent, image satellite à l’appui, que si le lieu de rejet
découvert en 2012 n’est plus utilisé, un autre a été créé. Les
échantillons pris sur le terrain montrent toutefois que le pH des eaux
usées est passé de 1,9 à 5,2. La contamination par des métaux lourds
reste, par contre, importante. Le taux de cobalt dans le canal Albert
est ainsi cinquante-trois fois supérieur aux normes de l’Organisation
mondiale de la santé! Des déchets tellement importants que les dépôts
sous forme de poudres blanche ou bleue sont visibles à l’œil nu sur les
rives du canal.