1. Allègement des cotisations salariales sur le Smic: "Améliorer le pouvoir d'achat des plus modestes"
Une baisse des cotisations salariales interviendra au 1er janvier 2015 sur les salariés payés au Smic. Le Premier ministre a précisé que cela représentera environ 500 euros de salaire net en plus par an, soit la moitié d'un 13ème mois. L'ensemble des mesures destinées aux plus modestes coûtera 5 milliards d'euros à l'Etat. Et pour ceux qui gagnent un peu plus que le Smic? Ce gain "sera dégressif entre le Smic et 1,3 fois le Smic".
"Le pacte est aussi un pacte de solidarité, il doit améliorer le pouvoir d'achat des salariés les plus modestes. Le meilleur moyen, c'est d'agir sur les cotisations salariales pour augmenter le salaire net, celui que l'on touche à la fin du mois", a expliqué le Premier ministre.
Améliorer le pouvoir d'achat des plus faibles, c'est donc baisser les cotisations pour ce très libéral premier ministre. Comme les cotisations correspondent à des prestations sociales pour les plus pauvres, on comprend mal le calcul. On le comprend d'autant plus mal que la pauvreté qui est évitée par des cotisations sociales aujourd'hui sera évitée par la TVA demain, impôt qui pèse surtout sur les classes moyennes, les travailleurs modestes puisqu'ils dépensent l'intégralité de leur salaire et qu'ils sont donc soumis à la TVA sur l'intégralité de leurs revenus.2. Réduction du coût du travail: "Zéro charge pour l'employeur d'un salarié payé au Smic"Les deux premières mesures adhèrent pleinement à l'idéologie du 'problème' du coût du travail. Cela n'a pas de sens de parler de coût du travail puisque seul le travail, dans l'emploi et hors emploi (et plus spécifiquement, seul le salaire) crée de la valeur ajoutée in fine. Le point de vue 'travail=coût' est celui de l'employeur sans perspective macro-économique.
Manuel Valls a promis une baisse du coût du travail de 30 milliards d'euros d'ici à 2016, qui passera notamment par une suppression des charges pour l'employeur d'un salarié payé au Smic au 1er janvier 2015. Les cotisations patronales payées à l'Urssaf seront "entièrement supprimées". Cela permet d'aboutir à "zéro charge pour l'employeur d'un salarié payé au Smic", selon lui.
Dès lors, le barème des allègements existants entre le Smic et 1,6 fois le Smic "sera modifié en conséquence". "Nous y consacrerons 4,5 milliards d'euros", a-t-il souligné. Par ailleurs, "pour les salaires jusqu'à 3 fois et demi le Smic, c'est-à-dire plus de 90% des salariés, les cotisations famille seront abaissées de 1,8 point au 1er janvier 2016", a-t-il annoncé.
De nouveau, baisser les cotisations sociales, c'est diminuer les prestations sociales, les salaires. Cette baisse des salaires sera compensée par une augmentation de la fiscalité, ce qui fera de nouveau baisser les salaires réels. En pleine crise de la demande, de surproduction où les patrons peinent à remplir leur cahier de commande, c'est du délire. Les profits gonflés par ces mesures ne se convertiront évidemment pas en consommation et la machine économique restera durablement bloquée (ce qui grèvera les rentrées fiscales et les cotisations sociales, d'ailleurs).
3. Baisse de la fiscalité des entreprises: "L'impôt sur les sociétés réduit à 28% d'ici à 2020"
Le Premier ministre s'est engagé à une baisse de l'impôt sur les bénéfices des sociétés et à la suppression d'un impôt sur le chiffre d'affaires, ainsi que d'une série de petites taxes à faible rendement. Le taux de l'impôt sur les sociétés sera "abaissé à 28% d'ici à 2020, avec une première étape en 2017". Il est actuellement de 33%. Il s'est engagé aussi à la suppression en trois ans de la "CS3 -contribution sociale de solidarité des sociétés-".La préoccupation du premier ministre, c'est la baisse des impôts des entreprises. Rassurez-vous, comme il faut bien des recettes pour payer tous les cadeaux aux entreprises, les contribuables ne seront pas épargnés, eux, par l'impôt. Les taxes les plus injustes augmenteront pour préserver, pour augmenter les marges des entreprises. Si vous voulez récupérer vos impôts, achetez des actions!
4. 50 milliards d'euros d'économies: "Un effort partagé par tous"
Manuel Valls a affirmé qu'il fallait poursuivre le redressement des comptes publics "tout au long du quinquennat" et a confirmé l'objectif de réduire de 50 milliards d'euros la dépense publique de 2015 à 2017.Les 'économies' seront directement supprimées du PIB puisque et les cotisations et les impôts s'ajoutent au PIB: leur suppression les fait disparaître dans le néant. Cet argent retiré de la circulation économique empêchera les travailleurs hors emploi et les fonctionnaires de réaliser la valeur de leur salaire, les condamnera à la misère ou à l'emploi. Ceci mettra la pression sur le marché de l'emploi, ce qui poussera les salaires à la baisse. La baisse des salaires comprimera la demande et accentuera les effets de la crises. Derrière les justifications captieuses de 'meilleure gestion' se cachent des hérésies économiques, des mesures pro-cycliques désastreuses, inhumaines et inefficaces.
"L'Etat et ses agences en prendront la plus grande part, 19 milliards d'euros, 10 milliards proviendront de l'assurance maladie et 10 milliards supplémentaires des collectivités locales", a-t-il détaillé. Et "le reste viendra d'une plus grande justice, d'une mise en cohérence et d'une meilleure lisibilité de notre système de prestations", a-t-il déclaré, sans davantage de détails.
Mais, nous l'avons vu, les intérêts des actionnaires sont préservés par un premier ministre étonnamment peu socialiste.