22 avr. 2014

Sous-traitance, mal traitance

Olivier Petitjean dans Basta enquête (ici) sur les donneurs d'ordre des ateliers de confection du Rana Plaza. Un bâtiment s'était écroulé en faisant plus de mille morts au Bangladesh le 24 avril 2013. Les consommateurs s'étaient émus et les donneurs d'ordre, les compagnies qui sous-traitent leur production là-bas avaient été interpellées. Pour autant, un an après, l'enquête fouillée du journal révèle

- la persistance du recours systématique à la sous-traitance, ce recours déresponsabilise les donneurs d'ordre, les marques qui sous-traitent leur production là-bas

- la pression des grandes enseignes (Carrefour, Auchan, Camaïeu, Leclerc, etc.) sur les prix impose un flux tendu et des pratiques d'emploi esclavagistes aux sous-traitants

- la participation des enseignes responsables à des fonds de soutien aux ouvrières peine à suivre (les propriétaires lucratifs sont radins mais, surtout, ils ont peur de reconnaître leur responsabilité en versant ne fût-ce qu'un écot symbolique)

- plus de 150 marques ont signé un accord sur la sécurité des ouvriers au Bangladesh qui ouvre la voie à l'inspection des sites de production

- les salaires ont été augmentés (ils ont été portés de 28 à 50$ alors que le minimum vital est évalué à 250$) par la loi mais demeurent insuffisants