Résumé et traduction de cet article du Guardian (en anglais).
Les
jeunes font la grève du sexe. Si certains se contentent de flirts sans
lendemain, d'autres se privent carrément de toute relation sexuelle. Il
peut s'agir de jeunes gens qui grandissent chez leurs parents ou de
jeunes gens complètement isolés.
L'assexualité touche
aussi bien les hommes que les femmes. Selon les projections du
gouvernement, si un quart d'entre elles ne se marieront pas, c'est plus
de 40% d'entre elles qui n'auront pas d'enfant.
Il faut
dire que, au pays des journées de travail de 20h, les femmes n'ont pas
bonne presse dans le monde de l'emploi. Quand elles se marient, elles
perdent encore en prestige et quand elles attendent un enfant, elles
deviennent des poids morts pour leur entreprise et quittent leur emploi à 70%: quand on est enceinte, les horaires coupés interminables deviennent insupportables.
La
dépression salariale pousse également à ces existences sans famille.
C'est que, entre le prix de la vie, des loyers, et les faibles salaires,
il est matériellement difficile d'élever convenablement une famille au
Japon.
Résultats, une population qui disparaît (voir ici).
Commentaires
La
chasteté nippone n'est donc pas nécessairement choisie - même si,
imposée par la force des choses, elle est parfois justifiée. C'est la
logique de l'emploi, de la rentabilité, de la mobilisation totale de
l'employé qui amène à une dénatalité galopante, à une stérilité de
masse, à des plaisirs à la sauvette, sans lendemain.
L'absurde
de la logique de l'emploi sape ses propres ressources. Que pourra
acheter le yen des actionnaires quand tous les producteurs auront
disparu faute de temps, de soin, d'attention, d'amour, de tendresse et
de ressources pour continuer la vie? Que vaut une société qui n'admet
pas les enfants (et à peine les femmes), que vaut une société qui
vieillit inéluctablement faute de valoriser ce que la valeur d'échange
ne valorise pas, faute de valoriser la vie gratuite, le temps partagé?
Dans la guerre entre le temps qui rapporte et le temps qui vit, nous prenons parti.
